Pourquoi on aime tant se coller des étiquettes? C'est pratique, ça nous aide à nous repérer. C'est un peu comme des hashtags dans la vie réelle : #jeSuisGay #jeSuisLesbienne #jeSuisNonBinaire #jeSuisWaldo. Mais parfois, une étiquette qui était censée nous aider à nous définir peut finir par nous enfermer dans une boîte. Et là, c'est vraiment pas chouette.
Disclaimer que je ne suis ni marxiste ni foucaldien donc merci de ne pas me reprocher de ne pas être ce que je ne suis #PAS (je n'ai également aucune idée de ce que racontent lézintellectuels phrançais)
L'imbécile il a INVENTÉ l'hétérosexualité ??
Si je l'attrape celui-là ?? Il est con ou quoi
Si on remonte un peu le temps, on se rend compte que les mots qu'on utilise aujourd'hui ne sont pas nés de nulle part: Ils sortent tout droit du trou du cul d'un militant des droits de l'homme hongrois, Karl Maria Kertbeny (votre idole l'a traité d'âne and honestly je ne peux pas être en désaccord avec Marx sur ce point), qui a inventé les termes "hétérosexualité" et "homosexualité" à la fin du 19e siècle. Il voulait que ces orientations soient considérées comme des choses naturelles, pour que les gens ne soient plus criminalisés pour leurs relations. Le problème, c'est que ces mots ont été repris par des médecins et des psychiatres qui, eux, s'en sont servis pour dire que l'homosexualité était une maladie. 👍🏿
D'un coup, on est passé d'un "acte" qu'on pouvait interdire à une "identité" qu'on pouvait analyser, classer, et juger. D'ailleurs, c'est vers la même époque que des études de psychologie ont aussi participé à faire émerger le concept d'identité de genre. C'est un peu la naissance de la "sexualité" telle qu'on la connaît aujourd'hui, avec ses cases et ses étiquettes.
Pour rappel on est à l'époque où on veut que TOUT soit inné, génétique, biologique (oui bon on est grave retournés à une ère super essentialiste en 2025 mais bon…)
Pour rappel² en 2025 on n'en fout de savoir si être queer c'est inné ou acquis. S'en foutre étant la stratégie de survie. On ne participe pas à ce débat dans lequel on est perdant quelle que soit l'issue. Merci 🥰
La révolution sans le jardinage c'est du queer
⚠️ disclaimer: Il semblerait que les Historians ne soient pas totalement d'accord sur la temporalité de la réappropriation du mot "queer" également, le contexte culturel et géographique joue là dessus. Si qq a envie d'ajouter des informations c'est très très bienvenu 🥰
Le mot "queer", au départ, ça voulait dire "bizarre", et c'était une insulte pour traiter les personnes homosexuelles. Dans la première moitié de 20e siècle, le terme est repris par l'argot gay pour désigner les hommes homosexuels qui ne sont pas efféminés (follophobie). Ces hommes homosexuels qui ont l'air "straight" veulent se distinguer des autres.
Mais, dans les années 60 et 70, les militants des "mouvements de libération gay" (ouais des gays comme à époque ça se fait plus de nos jours hein…) ont décidé de se le réapproprier. Ils ont dit, en gros : « Oui, on est bizarres et tu vas faire quoi ». ⚠️ Des theses historiques concurrentes vont dans le sens d'une continuité de l'usage du terme queer par l'ancienne génération ainsi que son rejet par la nouvelle génération (qui va préférer "gay"). Personnellement ces deux thèses ne me semblent pas incompatibles dans le sens où les gays ne sont pas forcément TOUS des radicaux révolutionnaires, plusieurs courants ont pu coexister j'imagine. Aussi on parle plutôt des gays ici mais les gays ne sont pas les seuls queers et leur condition est particulière parmi les queer. Bref à prendre avec des pincettes stp.
En ce moment je lis Fondation et asimov s'il écrit pas le mot queer (pour dire qu'un truc est bizarre) dans un chapitre je pense qu'il meurt.
L'idée, c'était de rejeter les étiquettes et les normes, et de s'opposer à l'assimilation dans la société "normale".
Le mot "queer" a été repris à cette époque par des activistes qui voulaient un terme intentionnellement indéfini pour rassembler tous ceux qui ne rentraient pas dans les cases.
Dans les années 80 (il y a plus de quarante ans), le sida décime les "HSH" (les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes) mais pas que. À l'époque on parle des "4H" : Haïtiens, homosexuels, hémophiles et héroïnomanes.
Bref beaucoup de gays meurent et c'est à cette époque qu'on invente l'acronyme "LGBT". La naissance du mouvement LGBT marque le passage d'un mouvement révolutionnaire à un mouvement cherchant une reconnaissance légale, via des labels. Du coup on a ajouté des lettres par la suite. Personnellement je vois ça comme lister qui mérite ou pas d'avoir des droits mais bon je ne suis pas le lobby elgeteubé.
#whew accroche-toi on n'a pas fini.
Label et labette
Merci pour les applaudissements merci moi aussi je suis fier de ce titre
Alors en fait un label c'est ni bien ni mal en soi c'est juste une manière pour le cerveau de traiter l'information plus rapidement. On va voir quelques trucs et ensuite on va généraliser des grandes règles pour que la prochaine fois on n'ait moins d'informations à traiter. Oui ça ressemble au fonctionnement de ce qu'on appelle "IA", on pourra en discuter ailleurs stv.
Dès qu'on voit un humain/un animal/un objet on va le classer, selon les cases qu'on a déjà en tête. Par exemple quand tu vois un chien tu te dis "Oh c'est un husky" bah voilà tu as vu un chien (première catégorie) et tu avais une case "race" où le mettre (deuxième catégorie), tu peux aussi te dire "c'est un chiot" ou "c'est un mâle/une femelle". Tout ça, ça va dans ta tête et tu as toutes les spec de l'individu que tu viens de rencontrer. Avec toutes ces informations tu vas pouvoir généraliser et présupposer des choses "ca doit pas être de tout repos à la maison! bon courage", "tu dois avoir un grand jardin alors !!" (Ça s'appelle un stéréotype) (Oui un stéréotype c'est pas foncièrement malveillant).
Un truc intéressant avec les stéréotypes c'est que une fois que c'est fixé, c'est assez difficile de s'en défaire. Même lorsqu'on est face à une situation qui contredit notre stéréotype (ex : un husky qui ne fait pas randomly le bruit du loup ou de l'ambulance). Changer d'avis c'est un EFFORT et les gens ont la flemme de réfléchir souviens toi bien de ça.
Remarque bien que c'est écrit que c'est un effort. Ça veut dire qu'on peut #choisir de faire l'effort. (side note : mais est-ce qu'on est toujours dans les circonstances propices à faire cet effort ? Oui je fais référence au salariat qui épuise tout le monde)
J'avais pourtant dit de s'accrocher 😭 (je t'ai pas perdux ?)
Du coup c'est quoi le rapport avec les labels ??
Un label c'est utile pour la communication. Si tu dis "Je suis bisexuel", tu ne t'expliques pas pendant 10 minutes. C'est aussi un super moyen de trouver ses pairs. Dans un monde hétéronormatif, trouver un mot pour nommer son expérience, c'est se sentir moins seul. Un label peut être une source de validation, de soulagement et un point de départ pour se forger une identité. Pour les professionnels de la santé, les diagnostics sont des labels essentiels pour le traitement et l'accès aux ressources.
Un label ça peut être dangereux, c'est un raccourci, pas une description complète de ta personne. On peut facilement te réduire à un stéréotype, comme "les bi sont infidèles". C'est aussi une pression pour se conformer. Si tu te dis "ace", tu peux te sentir obligæ de coller au stéréotype de ce qu'une personne ace est censée être, même si tu ne t'y reconnais pas. Et puis, les labels peuvent être utilisés comme des armes s'ils sont imposés par d'autres (ex: se faire traiter de pédé à l'école primaire).
Remember quand on m'a dit "mais tu es QUOI ??" psk on m'a vu pécho une personne différente de d'habitude (alors que je me suis jamais présentæ avec un label)
Marquæs au fer rouge
TW : mention de suicide et de santé mentale.
L'idée de base du modèle du stress minoritaire est simple : les problèmes de santé mentale chez les personnes queer ne viennent pas de leur identité elle-même, mais du stress chronique qu'elles subissent en vivant dans ce monde de merde.
Ce stress se manifeste de plusieurs façons :
Le rejet de la famille : Un grand nombre de personnes queer font face au rejet, à la peur du rejet, a l'homophobie familiale. Ce rejet est un facteur de risque majeur pour la dépression et l'idéation suicidaire.
Le harcèlement et la violence : Les personnes queer sont plus susceptibles d'être victimes de harcèlement, voire de crimes de haine, notamment les femmes trans. C'est un stress constant qui cause de l'isolement et de la peur.
L'internalisation de la stigmatisation : Quand on grandit en entendant des messages négatifs sur les gens qui nous ressemblent, on peut finir par les internaliser. C'est ce qu'on appelle l'homophobie ou la transphobie internalisée, et ça détruit l'estime de soi.
Le processus de stigmatisation se déroule en plusieurs étapes : on identifie une différence, on lui colle une étiquette, on y associe des stéréotypes jugés négatifs ("les lesbiennes sont masculines"), on sépare les gens étiquetés du reste de la société ("eux contre nous") et on finit par les discriminer. C'est ce processus qui crée un environnement insécurisant et épuisant, obligeant certains à cacher leur identité par peur d'être rejetés.
Faire communauté et s'épanouir
On peut être heureuz
Face à ces pressions, le chemin de la libération ne passe pas toujours par la simple adoption de nouvelles étiquettes. Il passe aussi par un travail de fond sur soi et la construction de réseaux de soutien.
Pour se libérer de la rigidité des labels, ça peut être intéressant de changer de perspective. T'as des philosophes qui proposent de voir l'identité non pas comme une essence fixe, mais comme une continuité psychologique. C'est l'idée que ce qui fait que tu es la même personne au fil du temps, c'est un flux continu de souvenirs, de croyances et d'expériences.
Du coup, l'identité n'est pas "se trouver", mais un projet à créer, un processus dynamique en constante évolution (à la fin t'as pas un PhD mais t'es bien avec qui tu es! Est ce qu'an PhD pourrait en dire autant ?). Les étiquettes ne sont que des extraits de ce cheminement, et c'est en se donnant la liberté de les abandonner ou de se les coller soi-même qu'on se libère du regard des autres. ⚠️Attention néanmoins à ne pas faire les choses à l'envers, le but c'est de prendre soin de soi pour se sentir mieux, pas de prouver aux autres que ça va en se revendiquant d'un truc alors qu'on est encore en pls. Ce genre de comportement peut mettre une communauté en danger je rigole pas.
Comment s'épanouir quand on rejette les étiquettes, ou que l'on est soi-même rejeté? La réponse se trouve dans la communauté 😲
Une communauté grossièrement c'est un groupe des personnes qui ont des points communs (normes, culturels, géographiques, socio-économiques, politique etc), des intérêts communs et ont des liens forts qui les unissent qui ont un sentiment d'appartenance à ce groupe et j'ai envie d'ajouter qui œuvrent dans le bénéfice du groupe.
(Si tu m'as déjà lu ailleurs tu as déjà rencontré cette définition au mot près)
Créer des liens (et des espaces) qui offrent un amour inconditionnel et un espace safe, des liens qu'on #CHOISIT de créér et de nourrir sont les ingrédients d'une communauté saine/en santé.
Prenez-en de la graine
Pour conclure, envisager son identité en se rappelant qu'au-delà de tout label, tu es TOI 🫵🏿 d'abord. Carrément j'allais citer RuPaul #WOW
N'oublie pas que Karl est un âne (demande pas lequel, la réponse est oui)
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